Si vous cherchez cette veste de travail en coton indigo, vous êtes sans doute tombé sur deux noms différents : bleu de Chine et bleu de Shanghai. Certains vendeurs emploient l'un, d'autres l'autre, parfois les deux sur la même fiche produit. Voici ce que recouvrent réellement ces appellations.
La réponse courte
Dans l'usage courant, les deux termes désignent exactement le même vêtement : une veste droite en coton teint à l'indigo, col Claudine, fermée par des boutons chinois traditionnels, le plus souvent vendue avec un pantalon assorti.
Bleu de Chine est le nom historique en français. Bleu de Shanghai est une appellation plus tardive, née dans le bassin méditerranéen et reprise depuis par de nombreuses marques. Autrement dit : si on vous propose un « ensemble bleu de Shanghai », vous achetez un bleu de Chine.
D'où vient le nom « bleu de Chine »
Le vêtement naît en Chine comme tenue de travail. Coupe droite, aucune doublure, coton épais teint dans un indigo profond : tout y est pensé pour l'usage. Il habille les paysans, les ouvriers et les marins pendant des générations. L'indigo n'est pas qu'esthétique — la teinture était réputée éloigner les insectes dans les champs et résister au soleil.
En français, on le désigne naturellement par sa provenance : le bleu de Chine. Le nom reste attaché au vêtement, même lorsqu'il quitte son pays d'origine.
D'où vient le nom « bleu de Shanghai »
C'est une histoire de port. Les navires venus de Chine déchargent leurs marchandises dans les grandes villes portuaires de Méditerranée, et le vêtement arrive avec elles. Dans les années 1930, des importateurs le font venir par ballots entiers pour le marché francophone.
Le succès est immédiat chez les dockers, les pêcheurs, puis les bergers et les artisans de l'arrière-pays. Solide, bon marché, increvable : il devient une sorte de jean méditerranéen. C'est dans ce contexte commercial qu'apparaît l'étiquette « bleu de Shanghai », du nom du grand port d'expédition.
Plus tard, le vêtement connaît une seconde vie parisienne et militante, portée par les étudiants de 68. Il passe alors du statut d'uniforme de travail à celui de pièce identitaire.
Les autres noms du même vêtement
Selon les régions, le même ensemble se vend sous des appellations très différentes :
- Dengri — le nom employé en Tunisie et en Algérie, où le vêtement est tout aussi ancré.
- Bleu de Marseille — en référence au port par lequel il est massivement entré en France.
- Bleu de Chine corse — l'île l'a adopté au point d'en faire un marqueur local.
- Veste col Mao — un raccourci courant, mais imprécis : le col Mao appartient à la veste Zhongshan, plus formelle et structurée.
Si vous cherchez ce vêtement en ligne, essayez plusieurs de ces termes : les catalogues ne sont pas toujours indexés sur les mêmes.
Comment reconnaître un vrai bleu de Chine
Peu importe le nom sur l'étiquette, ce sont les caractéristiques qui comptent :
- 100 % coton. La moindre part de polyester et la pièce ne se patinera jamais.
- Un col Claudine, droit et sans revers — c'est ce qui le distingue des vestes d'atelier françaises, dont le col est rabattu.
- Cinq boutons chinois en toile tressée, cousus à la main.
- Trois poches plaquées surpiquées à l'extérieur.
- Aucune doublure. Le vêtement doit être lisible de l'intérieur.
- Un indigo profond et légèrement irrégulier. Une teinte parfaitement uniforme trahit une teinture industrielle bon marché.
Une dernière chose avant de le porter
Un bleu de Chine authentique déteint au premier lavage : c'est normal, c'est même le signe d'une vraie teinture indigo. Il faut fixer la couleur avant la première mise. Nous expliquons la méthode en détail dans notre guide pour fixer la couleur d'un bleu de Chine.
Notre ensemble
Chez King Blue, nous proposons l'ensemble bleu de Chine Shanghai — veste et pantalon assortis, 100 % coton, coupe unisexe. Disponible du S au 4XL et en six coloris, là où la plupart des boutiques se limitent à l'indigo. Retrouvez l'ensemble de la sélection dans notre collection bleu de Chine.